Ségolène Royal et la vraie primaire

  • Segolene Royal
  • Martine Aubry

La coulisse des chiffres globaux laisse augurer d'une présidentielle très différente des actuels commentaires.

L'étude IFOP / France Soir publiée hier a beaucoup alimenté les commentaires sur deux ou trois chiffres globaux de seconds tours virtuels.

5 autres chiffres me semblent mériter une attention bien plus importante :

1) Le score de Marine le Pen est lié à deux données :
- elle recueille le vote du peuple : 37 % des ouvriers et 32 % des employés, deux segments CSP où elle arrive maintenant largement en tête,
- elle mobilise son camp de base (le FN) à la différence de 2007 qui a été la campagne de trop du "vieux chef fatigué".

Il n'y a pas de raison objective pour que cette seconde donnée change.

Mais si "la France d'en bas" s'estime de plus en plus abandonnée par le discours des "candidats classiques", il y a toutes les raisons pour que le score global de Marine le Pen progresse encore.


2) Le bon score de DSK est lié aux actuels reports d'électeurs centristes. Resteront-ils accrochés à DSK à l'issue des primaires quand il sera perçu comme le candidat du PS et qu'il fera les tournées électorales avec les alliances habituelles de la gauche ? Il y a matière à en douter. Par conséquent, le dégonflement de la super-production DSK parait même probable.


3) Au sein des sympathisants de gauche, sur deux critères importants (courage et proximité), DSK est largement battu notamment par Ségolène Royal. Par conséquent, au sein de ce collège, la primaire est loin d'être pliée contrairement à certains commentaires. Si le "style DSK" plaisait aux militants PS, cela serait apparu dès ... la primaire 2006.


4) La baisse de sarkozy est liée à des évolutions dans deux collèges : les seniors et la préférence partisane UMP. Ces deux collèges étaient indéfectibles jusqu'alors. Ce n'est plus le cas désormais. Si les seniors et les sympathisants UMP décrochent, c'est l'annonce que le Président sortant pourrait rapidement passer sous le seuil des 20 % ; ce qui changerait considérablement la donne.


5) Il y aura des "morts au Centre". Il n'est pas possible de maintenir un tel éclatement qui tue toute perspective de victoire. Les actuels scores cumulés montrent un potentiel de 15 à 17 %. Mais la diversité des candidatures scotche à moins de 10 % par candidature ; ce qui change la nature même de la candidature qui évolue de la potentialité de victoire à celle de potentialité d'alliance.

Ce sont là les 5 marqueurs à surveiller.

Pour sécuriser sa compétitivité, le candidat du PS doit retrouver son ancrage politique traditionnel dont l'électorat populaire.

La véritable primaire est là. Elle s'annonce sous des jours très incertains même si tout est actuellement préparé pour un duel Sarkozy / DSK.

Pour suivre les étapes de la présidentielle américaine 2012, il suffit de cliquer sur le lien suivant : 2012live

  • Publié le 19 février 2011

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